( 11 avril, 2010 )

Elections régionales

Bonsoir,

 

Je constate avec un soupçon d’étonnement que cela fait maintenant plus de cinq mois que j’ai laissé ce blog moribond. Il est parfois étonnant de constater avec quelle rapidité le temps s’écoule. Déjà, l’échéance qui me sépare du Baccalauréat se réduit à un trio de mois alors qu’il me semble n’avoir entamé cette année qu’hier même. C’est avec une stupéfiante aisance que l’esprit semble réussir à oublier les innombrables heures passées sur une chaise de bois et de fer, à coucher sur papier les ô combien nombreuses informations que ne manquent pas de dispenser mes professeurs. Je n’ai pas réellement d’excuse pour expliquer cet abandon, nombreuses furent en effet les heures creuses et inoccupées que j’aurais pu dévouer à l’écriture et il y eut profusion de sujets qui auraient mérité mon attention. Mais toutefois, je ne suis guère vaillant dans l’effort et ma détermination a tôt fait de s’émousser. Néanmoins ce soir, j’ai décidé de sacrifier quelques heures à l’élaboration d’un nouveau billet car le désir d’écrire (ce même désir fugace qui m’avait poussé à créer ce blog) s’est de nouveau imposé à ma personne. Cela fait quelques semaines que j’y songe et j’ai enfin acquis une résolution suffisante pour me plier à ce caprice.

Peut-être pourrais-je débuter par une intrigue plutôt récente qui n’a pas manqué d’engendrer de biens nombreuses réactions. Il convient d’autant plus de s’y épancher que ce thème me touche directement désormais du fait de ma majorité récemment acquise. Je vais par conséquent revenir sur les élections régionales qui se sont tenues voilà quelques semaines. Que faut-il retenir de ces élections ? Il y a évidemment la victoire éclatante du Parti socialiste qui a conquis la France entière, exception faite de trois régions dont deux sont tombées dans le giron de l’UMP tandis que la dernière se ralliait à un Georges Frêche ostracisé du Parti de la rose. Cette victoire n’a pas manqué de rassurer les adhérents de l’ancienne SFIO sur la faculté de leur parti à pouvoir dépasser ses dissensions internes et à présenter un front uni. Reste à savoir si ce semblant d’unité retrouvé perdurera lorsqu’il ne devra y avoir qu’un homme ou qu’une femme pour défendre les valeurs socialistes. L’UMP a évidemment connu un terrible revers qui n’a pas manqué de désolidariser les rangs alors que le Président n’a jamais paru être aussi impopulaire. Désormais, beaucoup semble lui préférer son premier ministre pour brider la place élyséenne lors des prochaines présidentielles. Je ne manquerai certainement pas de remarquer la belle avancée des écologiques dont nous avions déjà pu observer les esquisses lors des élections européennes. Les partis écologiques paraissent avoir réussi à se ménager leur place au soleil et leur poids politique ne semble plus avoir à être démontré. C’est un indéniable progrès pour un mouvement qui encore dix ans dans le passé apparaissait comme quasiment insignifiant et négligeable. La plus grosse surprise de ces régionales est selon moi l’étonnant score du Front National qui s’en sort avec les honneurs, lui que beaucoup n’hésitait pas à targuer de moribond. Le Pen a apparemment été enterré trop et le vieux loup de la politique n’a pas l’air disposer à déposer si tôt les armes et à laisser la place à ses cadets.

Si je puis oser me laisser aller à une analyse personnelle, ces résultats ne me paraissent guère étonnants dans l’ensemble. La France connait la crise et pour bon nombre de gens, les temps se font plus durs. Je ne pense pas me tromper en disant que cette situation de tension a attiré un nombre conséquent de votants dans le camp rose, votants qui doivent voir dans ce marasme les résultats de l’actuelle gestion gouvernementale. Je ne prétendrai pas être à même de juger si les actes du gouvernement furent idoines à la situation mais il n’y a rien d’étonnant à ce que les gens ne trouvant la solution dans l’UMP se tourne alors en direction de son principal opposant. Les nombreuses réformes mises en branle par le gouvernement ne sont probablement pas innocentes dans cette histoire. Le changement est toujours une chose perturbante et le rythme soutenu auquel s’enchaîne ces modifications ne peut d’après moi que faire naître le doute. Il y a tant de réformes qu’en fin de compte, le citoyen lambda se perd dans ce tourbillon infini de textes et se sent perdre pied totalement. Je distingue dans ce vote un désir de ralentir la folle course de cette époque par l’opposition d’un certain contre-pouvoir (mais n’étant pas omniscient, il est évidemment possible que je sois dans l’erreur la plus complète). L’avancée des verts était à mon sens elle aussi prévisible, du moins dans une certaine mesure. Comme dit ci-dessus, les augures en étaient distinguables dans le résultat des dernières européennes et fort est de reconnaître que l’écologie est devenue un  sujet prépondérant en politique. Certains comme notre Président n’ont d’ailleurs pas manqué de remarquer ce filon d’or. Les préoccupations écologiques se montrent apparemment de plus en plus présentes dans les moeurs des français. J’ai été plus surpris par la recrudescence du FN bien qu’en définitif les climats de crise apparaissent comme propice à la croissance de pareils mouvements politiques. Après tout, n’est-ce pas dans un contexte similaire que Hitler avait été amené au pouvoir ? Dans les temps difficiles, désigner un bouc-émissaire est chose facile et rassurante. Elle présente aussi l’avantage de ne pas avoir à se remettre en question. Pour ne pas être trop mauvaise langue, il convient d’admettre que la mise en avant de Marine Le Pen a peut-être réussi à offrir une image plus jeune et moins réactionnaire au parti d’extrême droite.

Un autre élément qui a marqué ces régionales et qui s’avère incontournable pour en parler est bien sûr le fort taux d’abstention. Moins de cinquante pour cent des personnes en mesure de voter se sont déplacés à l’occasion du premier tour tandis que le tour décisif a vu les urnes attirer à peine cinq pour cent supplémentaire de votants. Un résultat somme toute décevant pour les politiques. Réactions et analyses ont été légion sur cette participation minimaliste. Les partis de gauche n’ont pas hésité à parler d’une action sanction envers le gouvernement de Mr. Sarkosy alors que l’UMP n’hésitait pas dans un même temps à instrumentaliser celle-ci pour atténuer l’impact de leur défaite. Je n’adhère personnellement à aucune de ces deux versions. Je ne vois absolument pas quelle indication pourrait nous laisser à penser que les non-participants tendraient uniformément vers l’un ou l’autre des camps. J’irais même jusqu’à dire que les allégations des socialistes m’apparaissent comme profondément stupides. Une véritable action sanction aurait sans aucun doute été de voter en masse contre l’UMP. Les dires du parti de droite sont, selon moi, bien moins loin de la vérité, dans la mesure où plusieurs politiques ont attribué ce fort pourcentage d’abstention à une perte de confiance du peuple envers le pouvoir et les politiques (le contrat social a été rompu comme dirait certainement mon enseignant de philosophie). Dans un sens, c’est une défaite pour l’ensemble de la classe politique. Je crois que les gens ont pour beaucoup d’entre eux perdu toute croyance dans les politiciens et ont pour conviction que leurs votes s’avèrent parfaitement inutiles. Si ce constat est faux de manière générale, il est en tout cas vrai en ce qui me concerne car j’appartiens bien à ces cinquante pour cent qui n’ont pas répondu à l’appel des urnes.

Dans ce déferlement médiatique propre aux élections, il n’y a manqué de gens pour venir critiquer avec ferveur ce qui ne s’étaient pas exprimés par leurs votes. Ce genre de réaction ne manque pas de m’agacer au plus haut point car c’est d’une certaine manière une façon de remettre en cause l’une des droits fondamentales d’une démocratie, soit le droit de vote. Oui, le droit car le vote ne se trouve n’être en aucune manière un devoir. Je mets au défi quiconque de me montrer un texte de loi qui en fasse état. Il est d’ailleurs stupide de proclamer qu’un droit puisse être un devoir. Un devoir implique une obligation or, le propre d’un droit n’est-il donc pas de posséder le pouvoir de le faire valoir ou non ? Pour quelle sacro-sainte raison n’aurais-je pas la possibilité de dire que je ne me reconnais en aucun de ces politiciens et que je ne veux apporter mon soutien à aucun d’entre eux ?

 

Il semblerait en définitif que je n’aborderais aucun autre thème ce soir étant donné que celui-ci m’a déjà demandé plusieurs heures de rédaction et que je ne tiens guère à décourager un quelconque internaute qui se serait aventuré dans ces lieux électroniques par la longueur de mes billets. Je conclue donc en vous souhaitant une bonne soirée.
PS : Je corrigerais les fautes éventuelles ultérieurement. Je m’excuse si elles gênent les lecteurs qui passeraient entre temps.

( 5 décembre, 2009 )

Copenhague

Bonsoir à tous.

Dans moins de deux semaines, se déroulera ce que tous les médias désignent déjà comme une page tournante dans l’avenir de l’Humanité. Il me parait d’ailleurs impossible que vous n’en n’ayez pas encore entendu des échos. En effet, une ambitieuse conférence internationale sur le climat se tiendra dans la capitale danoise de Copenhague. Celle-ci nourrit l’objectif de ratifier un nouvel accord sensé faire suite aux accords de Kyoto qui prendront fin en 2012. Ce nouveau sommet a de quoi attiser la joie des écologistes de tout bord étant donné que Barack Obama, représentant des Etats-Unis qui avaient brillé par leur absence au Japon, a proposé officiellement un objectif chiffré en matière de Co2. Le respectable Wen Jiabao, en sa qualité de Premier ministre chinois, s’est dit près à réduire lui-aussi les dégagements de Co2 chinois (les plus importants au monde, cela dit au passant). Cela concorde parfaitement avec l’annonce de l’Inde qui conte réduire de 20 à 25% son intensité carbone d’ici à 2020. Notre aimé Président de la République n’est pas en reste. Bien qu’il n’est pour l’instant annoncé aucun objectif national, celui-ci s’est rendu auprès de son homologue brésilien Lula dont il est décidément très proche pour signer un texte engageant l’octroie d’une aide aux pays du Sud pour la question du carbone. Probablement, celui-ci craint-il de ne point apparaître suffisamment lors du rassemblement en question où ce n’est pas la France mais l’Union Européenne qui se présentera.

Je crois qu’il est inutile de décrire tous les problèmes qu’engendrera le réchauffement climatique. Élévation des températures, fonte des glaces, élévation du niveau de la mer, augmentation des typhons et autres phénomènes climatiques similaires, sécheresse, perturbation des cycles animaux et végétaux et nombres d’autres conséquences plus fâcheuses les unes que les autres. L’unique responsable de ce cataclysme à venir n’est autre que l’Homme qui depuis la révolution industrielle ne cesse d’expulser des tonnes de Co2 (gaz à effet de serre)  dans notre atmosphère. Il n’y a point à douter de ces affirmations. Elles sont prouvées et approuvées par toutes les grandes sommités en la matière. Évidemment, il reste toujours quelques irréductibles (souvent financés par des lobbies pétroliers que cette prise de conscience dérange) près à tout les théories les plus loufoques et étranges pour expliquer ces phénomènes.

Ce que vous venez de lire ici est la version d’un écologiste convaincu (largement répandue par les médias forts appâtés par des senteurs de fin du monde et de ragnarok) , qui en tout bon écolo qui l’est, ne sait absolument pas de quoi ils parlent… J’ai en effet une toute autre version à vous présenter, bien loin des clichés de corruption et de conservatisme que ne se lassent pas de prêcher les divers « défenseurs » de la planète.

Je ne vais toutefois pas vous exposer cela moi-même. Il ne s’agit nullement d’un quelconque sentiment de paresse qui me pousserait à rechigner à vous en faire la chronique. J’ai en vérité découvert un site très sérieux et fort bien documenté sur l’objet de notre attention et je crois qu’il serait d’une part mal-honnête de m’attribuer indûment le travail de l’auteur et je pense que d’autre part, je ne serais guère en mesure de reproduire toute la méticulosité et toute la précision dont cette personne a fait preuve. Je ne peux que vous encouragez à parcourir ces pages vous-même tel que je l’ai moi-même fait. Si la taille des articles peut être décourageante pour ceux qui ne partagent pas ma ferveur scientifique, il n’en reste pas moins qu’ils sont rédigés de manière extrêmement accessible et je ne doute pas qu’ils vous apprendront quantité de choses et vous aideront à porter un autre regard sur le monde et tout ce qu’on nous raconte dessus.

http://www.pensee-unique.fr/

 

( 1 décembre, 2009 )

Mozart Opéra Rock

Bonsoir à tous.

Voilà de bien nombreuses nuits que je n’ai plus usé de ma plume virtuelle pour enrichir ce blog. J’ignore si cette absence a indisposé quelques lecteurs et si c’est le cas, je ne peux que m’en excuser. Malgré les sujets qui ont su capter mon attention durant toutes ces semaines,  j’ai échoué à réunir la motivation nécessaire pour façonner un nouvel article.

Je ne vais guère m’étendre en longueur, mon temps s’avérant requis par d’autres travaux plus urgents. Je me contenterai donc ce soir de vous tenir l’éloge d’une troupe musicale que je porte pour l’instant en forte estime. Il est possible que vous ayez déjà eu écho de leur oeuvre : « Mozart l’Opéra Rock ». Ce spectacle s’est donné la lourde tâche de revisiter la vie du célèbre compositeur Mozart (de son vrai nom Joannes Chrysostomus Wolfgangus Theophilus Mozart)  en mêlant aux sonates, aux concertos et aux symphonies originales de ce légendaire mélomane, les accords modernes et pop-rock de notre siècle. Je n’ai pas encore eu l’occasion d’assister à l’une de leurs représentations qui se tiennent jusqu’au 3 janvier au Palais des Sports (même si j’en nourris encore l’espoir) et je ne puis par conséquent guère juger de la qualité de leur réalisation ni de la justesse des critiques qui leur ont été adressées par la presse. Je connais toutefois avec quelle facilité la presse peut crucifier n’importe quel être ou bien au contraire, l’élever au rang d’idole. C’est par conséquent avec circonspection que j’accueille ces critiques, préférant attendre de pouvoir moi-même m’en forger une opinion.

Mais là ne se trouve point le sujet de ce billet. Quelque soit leur prestation sur les planches, leurs mélodies et leurs chants ont su me séduire et je tiens à en partager la teneur auprès de vous. Si ces quelques chansons savent trouver votre assentiment, je ne peux que vous encouragez à prêter l’oreille au reste de leur répertoire que vous pouvez trouver en toute gratuité sur Deezer.

 

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Et voilà la dernière que je publierai. Elle est un peu spéciale pour moi car elle revêt une valeur sentimentale toute particulière. Les gens qui me connaissent comprendront peut-être pourquoi.
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( 27 octobre, 2009 )

Nathan le Sage

Bonsoir à tous.

Cela fait maintenant bien plus d’une semaine que je n’ai point enrichi mon blog et je m’en excuse donc auprès de vous. Pour ma défense, je dirais que les charges scolaires qui sont le fait de la section S ont accaparé une large partie de mon temps. Je confesse toutefois que j’ai préféré consacrer le temps libre qu’il me restait à divers autres loisirs, ma foi fort plaisants. Mais là n’est point la question de ce billet, je terminerai sur une ultime déclaration avant d’en venir au vif du sujet. J’ai récemment été félicité par une connaissance vis-à-vis de ce blog et je dois avouer que c’était très flatteur. J’espère que vous appréciez tous autant ce blog. N’hésitez d’ailleurs pas à réagir ou à poster vos impressions avec la fonction « Commentaire ».

Je vais vous tenir ici la critique d’une pièce de théâtre à laquelle il m’a été donné d’assister très récemment grâce aux bons soins de mon ancien professeur de français. Je tiens d’ailleurs à le remercier pour ses initiatives qui m’ont personnellement, ainsi qu’à un certain nombre de connaissance, permis de découvrir quelques très belles pièces vers lesquelles les jeunes comme les plus vieux ne se tournent que trop peu.

Après toutes ces simagrées, il est temps de venir à la pièce elle-même. Elle nous est due à un auteur allemand du nom (compliqué pour moi qui étudie plus ou moins studieusement l’espagnol) de Gotthold Ephraim Lessing. Véritable Voltaire germanique, celui-ci fut un fervent défenseur de la tolérance religieuse et l’une des figures emblématiques du Siècle des Lumières outre-Rhin. Publiée le 14 avril 1779, il s’agira de la dernière pièce de l’écrivain et elle ne sera jouée pour la première fois qu’en 1783, soit deux années après la mort de son géniteur. Elle est aujourd’hui mise en scène par Laurent Hatat selon une traduction de Dominique Lurcel. Malheureusement, ma critique arrive un peu tard étant donné que les représentations ont pris fin voilà quelques jours au Théâtre de la Commune d’Aubervilliers. A n’en pas douter, celle-ci renaitra sous de nouveaux traits dans les mains d’un autre metteur en scène.

Une courte synopsie s’impose d’abord. L’histoire prend place au temps de la Troisième Croisade en 1187 dans la sainte ville de Jérusalem. La cité connait une brève accalmie entre deux guerres, accalmie marquée par l’accession au pouvoir du sultan Saladin, dirigeant musulman qui se veut défenseur des pauvres et philanthrope quitte à risquer sa propre fortune. La scène débute par le retour de Nathan, un marchand juif fortuné qui revient de quelque marchandage de Babylone. Il y apprend de Daja, dame de compagnie de sa fille et fervente chrétienne que son unique progéniture Reicha a été sauvée des flammes qui ravageaient sa maison par l’action d’un brave Templier. Elle lui explique que ce dernier a été gracié par le sultan qui voyait en son visage le reflet de son frère disparu Assad. Mais le chevalier refuse fermement toute récompense ni même remerciement de la jeune juive, ce qui peine celle-ci qui s’est éprise de son sauveur. Saladin convoque Nathan dans le but de contracter un emprunt auprès de celui-ci pour financer sa campagne auprès des nécessiteux. Il souhaite toutefois éprouver la sagesse de ce dernier, auquel le peuple a confié le surnom de « le Sage ». Il lui demande laquelle des trois religions est la seule et véritable, certain que celui-ci appuiera le Judaïsme. Pourtant, le marchant le détrompe et lui présente les trois religions comme également estimées par Dieu et n’étant que des ersatz d’une religion pure et originelle. Ainsi, aucune des religions ne se trouverait plus proche de Dieu qu’une autre. Bien au contraire, ils leur reviendraient la responsabilité, non pas de s’entretuer pour affirmer sa croyance comme la véritable, mais au contraire de tendre le plus possible vers Dieu dans la paix et l’union. Cette conversation résume parfaitement l’optique de la pièce : c’est un message de paix et de tolérance. Convaincu par le vieil homme, le sultan lui assure son amitié. Saladin incarne de cette manière l’idée du monarque éclairé par la sagesse des philosophes, idée chère aux Lumières.

Après avoir conversé à son tour avec Nathan, le Templier accepte enfin de recevoir des remerciements de Reicha. Et malgré leur différence de foi, il finit par s’éprendre de la jeune femme. Il se trouve dès lors désœuvré quand Nathan semble hésiter sur leur union. Mais la servante lui apprend alors que Reicha a été adoptée, bien qu’elle l’ignore, et que ses parents étaient bien chrétiens. Il confie ses tourments au Patriarche de Jérusalem mais loin de lui apporter réconfort et conseil, celui-ci lui ordonne de lui apprendre l’identité de ce Juif qui a élevé une Chrétienne dans le Judaïsme pour qu’il puisse être châtié. Le Patriarche symbolise ainsi l’Eglise et la religion en général dans ce qu’elle a de plus terrible et de plus sot, l’esprit justement pris pour cible par les philosophes des Lumières.  Le combattant s’y refuse toutefois et préfère aller se confier au sultan dont il demande l’assentiment pour épouser sa Bien-Aimée. Dans un même temps, Nathan est contacté par un homme de la suite du Patriarche qui s’avère être l’homme qui lui avait confié Reicha à la demande d’un ancien maître, occis sur le champs de bataille. Grâce à son aide, ils finissent par découvrir les origines de Reicha. C’est donc au palais du sultan où se trouve réunis tous les protagonistes que Nathan vient révéler la choquante nouvelle. Reicha n’est autre que la fille de Assad, le frère disparu de Saladin, converti au Christianisme. Plus étonnant encore, il révèle que le Templier est en vérité  le frère biologique de Reicha et donc le fils de Assad ce qui explique son étrange ressemblance avec ce dernier. Cette complexe généalogie unissant des hommes et des femmes de foi différente illustre une autre valeur forte de l’ouvrage : la fraternité qui unie chaque homme à son prochain quelque soit leur s différences.

Je pense avoir exposé tous les points importants du texte en lui-même. Le message est donc ici évident : une invitation à la tolérance et à la fraternité avec non seulement les liens familiaux que partagent les personnages mais aussi avec la générosité à la fois du sultan et du marchant juif. Nous pouvons d’ailleurs relevé une très belle phrase sur ce thème : « Ne sommes-nous pas des hommes avant d’être juif ou musulman ? ».

La pièce n’est que mieux servi par l’excellent jeu des acteurs qui rivalisent de talent. Toutefois, s’il faudrait en signaler deux, je pencherais pour l’interprète de Saladin et pour celui du Patriarche. Saladin, vêtu d’un costume sobre mais élégant, incarne à la perfection un souverain soucieux de son peuple. Il ne se contente pas de faire jouer sa voix, son visage s’avère une palette d’émotions à elle tout seul. Il peut s’exprimer tantôt avec hésitation tantôt avec force et autorité. D’un simple regard, il peut partager son ire. Malgré le peu de temps qu’il lui ait donné sur scène, l’acteur du Patriarche n’en reste pas moins remarquable, laissant perlé avec dextérité autorité et despotisme d’un couvercle de bonhommie et de bienveillance. Avec sa gestuelle, l’acteur montre toute la dualité qui anime le Patriarche entre le désir de pouvoir qui ne souffre aucune loi morale et le rôle de bonté que se confère l’Eglise. Les autres acteurs n’en déméritent pas moins mais leur prestation reste moins remarquables que celle de leurs collègues.

Pour ce qui est de la mise en scène, elle est sobre et subtil, libre de toute fioriture. Quelques parois coulissantes et un plancher escamotable permettent de marquer les changements de lieux. Seul véritable effet de scène, mais au combien splendide, l’alliance du sable et de la lumière. Une haute et fine cascade de sable choie du plafond tandis que les projecteurs arrosent les innombrables grains de leur lumière dorée, créant un artifice féérique. Plusieurs fois, la colonne se fait rideau dans le palais de Saladin et un projecteur supplémentaire vient faire apparaître quelques lettres d’arabe. Le sable semble alors n’être qu’une tenture ornant les appartements du souverain mais créé paradoxalement un unique sentiment d’émotion.

C’est donc aussi satisfait que l’on puisse l’être que j’ai quitté la salle avec peut-être le seul regret que l’intrigue laisse trop facilement pressager son dénouement.

 

 

( 21 octobre, 2009 )

Bad Day

Bonsoir à tous.

J’ai créé cette partie pour partager avec vous quelques unes des chansons qui ont su trouver mes faveurs. J’ose espérer qu’elles vous plairont tout autant qu’à moi.

Ceux qui me connaissent déjà ne s’étonneront guère de me voir ouvrir le bal avec cette chanson qui reste indubitablement ma favorite malgré les années.

Bad Day est tirée du premier album dp de l’artiste canadien Daniel Powter. Elle est sortie en 2005 et il est fort probable que vous l’ayez déjà entendu étant donné qu’elle s’est écoulée à plusieurs milliions d’exemplaire dans le monde.

Sur une sublime mélodie interprétée au piano, Daniel Powter nous chante l’histoire d’une mauvaise journée. De celle qui ne nous laissent qu’une envie, s’enfouir sous sa couette pour ne plus en ressortir avant le matin. Nous avons tous nos moyens de gérer ces journées harassantes, et personnellement je profite de l’agréable fraîcheur de la nuit au rythme tantôt doux, tantôt puissant mais toujours savoureux de Bad Day.  Et c’est infiniment agréable après une longue journée

 Where is the moment when we need it the most
You kick up the leaves and the magic is lost
They tell me your blue sky’s faded to grey
They tell me your passion’s gone away
And I don’t need no carrying on

Stand in the line just ahead of the law
You’re faking a smile with the coffee you go
You tell me your life’s been way off line
You’re falling to pieces every time
And I don’t need no carrying on

Cause you had a bad day
You’re taking one down
You sing a sad song just to turn it around
You say you don’t know
You tell me don’t lie
You work at a smile and you go for a ride
You had a bad day
The camera don’t lie
You’re coming back down and you really don’t mind
You had a bad day
You had a bad day

Well you need a blue sky holiday
The point is they laugh at what you say
And I don’t need no carrying on

You had a bad day
You’re taking one down
You sing a sad song just to turn it around
You say you don’t know
You tell me don’t lie
You work at a smile and you go for a ride
You had a bad day
The camera don’t lie
You’re coming back down and you really don’t mind
You had a bad day
You had a bad day

Sometimes the system goes on the blink and the whole thing it turns out
Wrong
You might not make it back and you know that you could be well oh that
Strong
Well I’m not wrong

So where is the passion when you need it the most
Oh you and I
You kick up the leaves and the magic is lost

Cause you had a bad day
You’re taking one down
You sing a sad song just to turn it around
You say you don’t know
You tell me don’t lie
You work at a smile and you go for a ride
You had a bad day
You’ve seen what you like
And how does it feel for one more time
You had a bad day

 

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( 12 octobre, 2009 )

Rock and peace

Bonsoir à tous,

En ce dimanche 11 octobre de l’an de grâce 2009,  les notes harmonieuses de Nigthwish s’envolent de ma chaîne hi-fi dans une folle symphonie et le premier président noir des Etats-Unis célèbre son prix Nobel. C’est une nomination qui en a surpris plus d’un, moi le premier je le confesse volontiers. Comme beaucoup n’ont pas manqué de le souligner, Obama n’a encore guère fait ses preuves dans la guerre contre la guerre. Alors pourquoi l’ériger au même statut que ces hommes et ces femmes, trop peu connus des gens, qui ont voué leur vie à tenter de faire de notre monde si ensanglanté un Eden où nous n’aurions pas peur d’élever nos fils et nos filles ? Pourquoi lui offrir la stature d’hommes comme Martin Luther King Jr ou Mikhaïl Gorbatchev ? Parce qu’Obama a apporté une chose essentielle à ce monde gangréné, une chose dont nous avons désespérément besoin : L’espoir. Parce qu’Obama transcrit l’espoir d’un monde nouveau, l’infime possibilité de briser l’infini cycle de violence qui guide cette terre depuis son existence,  l’espérance d’un “Yes, we can !“. Qu’un homme noir accède à la Maison-Blanche, pour beaucoup ce n’était que par trop impossible, une chimère qui s’évaporerait bientôt, un fantasme que la vie se chargerait se briser. Mais il l’a fait, et c’était soudain comme si tout devenait possible. C’était un peu de rêve que cet élection a distillé dans nos cœurs. Certains ont vu en Barack Obama le Messie qui viendrait sauver une humanité au bord du gouffre et d’une certaine manière, ce sentiment persiste encore à moindre degré en chacun de nous.

Évidemment lorsqu’on y réfléchie, c’est quelque chose d’absurde, d’irrationnelle, d’impossible. Comment un seul homme, aussi grand soit-il, pourrait-il nous purifier de nos travers ? Comment exterminerait-il l’avarice, la rancœur, la jalousie, la haine qui habitent les esprits et se font mouvoir les corps ? Fut-il que je sois un bien piètre apprenti scientifique pour croire à pareilles inepties. Vous avez sans aucun doute raison, si vous affectez ce raisonnement. Comme je l’ai déjà dit, je ne suis pas croyant. En vérité, j’ignore s’il existe dans le ciel une quelconque entité créatrice à qui nous devons nos vies. Peut-être le serais-je un jour ou peut-être alors je ne serais plus là pour en constater l’inexistence. Je suis un sceptique, un de ceux qui ne jurent que par eux-mêmes, un de ceux qui préfèrent ne rien espérer pour ne pas être déçu. J’avoue qu’il m’arrive parfois de ressentir une pointe de supériorité et de condescendance lorsqu’il me vient à penser aux croyants. Une pensée qui me dit que je n’ai besoin de cette béquille pour me soutenir, que je fais face au monde avec ma propre force. Une sotte sensation d’orgueil, de celle qui vous pousse à n’accepter aucune aide, à vouloir triompher seul. Malgré ce que l’on dit parfois de moi, je suis monstrueusement arrogant. Et avoir foi est pareil à l’amour (un autre domaine où je ne suis guère fameux), cela demande une autre forme de force, plus subtile, moins brute. Croire, c’est savoir s’en remettre à quelqu’un d’autre. Et pour certain, c’est infiniment compliqué d’abandonner le masque, de cesser de se perdre en faux-semblants, de se retrancher derrière les mensonges pour s’exposer en ce qu’on a de plus vulnérable.

Je ne crois pas en ce monde. Je ne crois pas en une justice supérieure. Je ne crois pas en l’Homme. J’en ai bien trop vu, bien trop entendu, bien trop lu. Notre histoire n’a été écrite qu’avec trop de sang. Songez donc à la Seconde guerre mondiale… 60 millions de morts. Il est difficile de saisir toute l’étendue d’une telle hécatombe. Imaginez toutes les personnes que vous croisez chaque jour, les gens que vous fréquentez, toutes ses personnes. Chacune avec ses espoirs, ses joies, ses peines, des années de souvenir. Une toile insondable de sentiments, de mémoires, de petits instants qui ont façonné ces êtres tous uniques à leur manière. Les baisers pudiques de collégien qui les ont émoustillés, les livres qui les ont fascinés, les personnalités qu’ils ont admirées, les œuvres d’art qui les ont émerveillés, chaque petit instant qui a composé leur vie. Pensez aussi à la manière dont ils sont connectés aux autres, les amis fidèles, les amants passionnés, les mères protectrices, les pères bienveillants. Comment la vie d’un seul homme en affecte tellement d’autres. Et à cette instant, tout prend fin dans l’explosion d’un obus, dans une grêle de balles qui emplissent l’air de leurs sifflements stridents, par la baïonnette qui déchire les chairs et répend le précieux liquide écarlate, porteur de vie. La mort qui charrie la haine, le désespoir. La grande faucheuse qui prend tout pour ne nous laisser que la tristesse et le poids des larmes. Une mort dont la lourde faux s’abat avec une horrible indifférence, aveugle à une quelconque justice. Ici, ne règne nul règle. Les bons comme les mauvais partagent la même sentence, quelques furent nos actes, quelqu’ils soient aujourd’hui, tous s’évanouit dans ce tourbillon de poudre et de fer.

Cela à de quoi donner le vertige, n’est-il pas ? Et qu’avons-nous tirer de cette guerre si ce n’est des champs de croix au blanc immaculé ? Mais ce n’est qu’un guerre parmi d’innombrables. La plus terrible, certes mais une parmi d’autres. Et que dire de la misère, de la famine, de l’abandon qui nécrosent cette planète ? Ainsi que de toutes ces tragédies quotidiennes qui brisent les familles et assèchent les cœurs ? J’en ai trop vu pour ne pas y penser.

Alors des fois, j’aimerais réussir à croire, ne plus songer à ce boulet sanglant qui nous enchaîne, à me dire que demain sera différent d’aujourd’hui. C’est un espoir chimérique mais comme le disait Baudelaire dans à “Chacun sa chimère“, il est parfois plus simple de poursuivre ses chimères. Pour moi, voilà ce qu’incarne Obama et ce prix aussi insignifiant soit-il. Une lueur dans les ténèbres ne peut que réchauffer les cœurs même si elle doit un jour vaciller.

Alors, je vais continuer à m’abandonner à ces puissantes mélodies et peut-être pour un soir me dire que tout ira bien. Demain est un autre jour, et il conviendra de poursuivre mon chemin dans ce monde sans espoir.

Bonne nuit à tous et « Rock and peace« .

 

( 9 octobre, 2009 )

Polanski ou de l’égalité face à la loi

Bonsoir.

Pour mon premier article, j’aimerais revenir sur un fait divers qui a récemment fait couler beaucoup d’encre d’un bout à l’autre du monde et qui n’a pas manqué d’attirer mon attention. Le 27 septembre 2009, le réalisateur franco-polonais Romain Polanski a été arrêté en territoire suisse, plus précisément à Zurich où il se rendait pour recevoir un prix récompensant l’ensemble de sa carrière cinématographique. Cette arrestation fait suite à un mandat d’arrêt international émis par la justice américaine en 2005.

Avant d’aborder le sujet, il revient de revenir rapidement sur cette illustre nom du 7ème art. De son vrai nom, Raymond Roman Liebling, Roman Polanski est né le 18 août 1933 à Paris d’un père juif polonais et d’une mère russe. Après 4 années passées dans la ville lumière, celui-ci s’en retourne passer le reste de son enfance en Pologne. Celle-ci se voit marquer par une terrible tragédie lorsque ses deux parents ainsi que sa demi-soeur furent victimes des nombreuses déportations orchestrées par les hautes instances nazies. Sa mère trouve d’ailleurs la mort à Auschwitz. Alors qu’il n’est même pas âgé de 10 ans, le jeune Polanski se trouve dès lors contraint de survivre dans l’enfer des ghettos de Cracovie, privé de sa famille. La guerre terminée, Polanski développera une grande passion pour le cinéma autant en tant que réalisateur qu’acteur. Son premier long-métrage, « Le Couteau dans l’eau« , ne rencontre qu’un succès fort limité dans une Pologne sous l’hégémonie communiste. Il lui vaut toutefois une reconnaissance internationale qui le pousse à s’exiler en Occident où il s’installe à Londres. C’est le début d’une longue et prestigieuse carrière. Le cinéaste s’est, entre autres, illustré par des films tels que « Chinatown » (1974) ou « Le Pioniste » (2003)  grâce auxquels il remportera d’innombrables prix, se hissant rapidement parmi les figures légendaires du cinéma.

Mais dans cette belle symphonie de réussite vient se glisser une note discordante. En 1973, l’homme, alors âgé de 40 ans, est accusé de viol par une jeune mannequin de 13 ans qui allègue que ce dernier l’a enivrée avec du champagne et droguée avec un sédatif pour mieux pouvoir abuser d’elle. Polanski décide de plaider coupable, en échange de quoi il exige l’abandon des accusations de viol et de fourniture d’alcool et de drogue à une mineur pour que ne soit retenu que le détournement de mineur, délit bien moins sévèrement condamné. Cela lui est accordé. Pourtant, après avoir été remis en liberté sous caution, Polanski prend brusquement la fuite, trouvant refuge en France dont il détient la nationalité depuis une année du fait de sa naissance parisienne. Fidèle à ses principes de protection de ses citoyens, la France repousse toute demande d’extradition vers les Etats-Unis. Cependant, cela décourage guère les succesifs procureurs de Los Angeles (lieu du forfait) de pouvoir un jour écrouer l’artiste fugace. De multiples demandes d’extradition sont expédiées aux pays qui lui arrivent de visiter à l’occasion de divers festivals mais aucune n’aboutit. L’arrestation de 2009 met donc fin à une cavale de 32 années.

Pourquoi une situation qui se veut pourtant fort simple a-t-elle ainsi réussi à déclencher une pareille polémique ? La réponse en est tout aussi primaire : un nombre considérable d’artistes, souvent liés au 7ème art, s’est exprimé pour manifester leur vive soutien au fautif. Qui plus est, deux ministres français, Frédéric Mitterand et Bernard Kouchner respectivement responsables de la Culture et des Affaires étrangères ont pris fait et cause pour le réalisateur, provoquant l’incompréhension de la presse anglo-saxon et l’ire de nombreuses associations de victimes de sévices sexuelles. En vérité, les arguments avancés sont nombreux pour défendre l’artiste, mais n’ont pas grand-chose de pertinent.

Beaucoup prétextent qu’il y a souffert d’une vie difficile avec la tragédie qu’a connue sa famille et le meurtre de sa première épouse. En effet, je concède volontiers que Polanski a connu des affres abissals qu’il ne m’est même pas possible d’imaginer. Il a eu subir les conséquences de la sauvagerie humaine plus qu’à son tour. Mais, je ne vois pas en quoi cela saurait justifier l’ignominie qu’il a commise. Il n’est pas ici histoire de vengeance et de vendetta. Cette petite fille ne tenait aucune responsabilité dans ces souffrances, et je suis intimement revolté que quiconque emploie cette excuse fallacieuse pour justifier les actes de Polanski. C’est de surcroit faire insulte à ceux qui ont vécu les mêmes tourmentes et qui ce ne sont pas pour autant éloigner du chemin. Nombreux sont ceux qui dénoncent un « traquenard policier » monté pour piéger le réalisateur. Un sophisme d’une telle idiotie qu’il m’en laisse pantois. Comment s’étonner que la police arrête par surprise un homme qui depuis trois décennies n’a de cesse de fuir la justice ? Et puis, ce n’est nullement comme si la police helvétique avait orchestré ce Festival dans l’unique but de ferrer le condamné. Il n’était nulle part fait mystère de sa participation. Pour reprendre l’expression de Maître Eolas, « la police lit le journal ». Peut-être les accusateurs en question auraient-ils préféré que les vénérables gardiens de l’ordre préviennent leur cible par recommandé qu’ils avaient la ferme attention de le capturer en prenant soin de préciser avec exactitude la date et l’heure…

Peut-être plus stupéfiant encore ceux qui renvoient cette affaire à une banale affaire de moeurs… De par la même, ces personnes dénigrent la cicatrice morale suppurante que représente le viol et dont malheureusement beaucoup trop garde les stigmates ineffaçables. Les mots me manquent pour exprimer toute mon incrédulité face à ces gens qui rabaissent un acte d’une telle cruauté à une faute anodine, remettant au goût du jour une pensée qui se voudrait pourtant anachronique dans ce siècle de progrès, et qui affirme que si une femme se fait violer, c’est qu’après tout elle l’a bien cherché.

Je ne m’abaisserais même pas à attaquer le réalisateur Costa-Gavras qui a prétendu que la jeune mannequin, du haut de ses treize printemps seulement, en laissait paraître vingt-cinq. Peut-être m’abaisserais-je uniquement à rappeler le vieil adage populaire : « Il vaut mieux tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler« . Quoique, il semblerait que les artistes ne soient guère disposés à se cantonner aux règles des banals mortels…

Probablement le dernier des arguments (si je puis dire) qu’il est courant de voir fleurir chez les soutiens de cet « homme illustre » : le vieillard n’est victime que de la persécution judiciaire de quelque procureur zélé et devrait être aujourd’hui relaxé du fait de son grand âge et du pardon que lui a accordé sa victime (moyennant un chèque conséquent, cela va de soi). La deuxième partie de cet argument n’est qu’un ridicule appel à la miséricorde pour un vieil homme. La chose me paraît pourtant flagrante : il a été déclaré coupable par la justice, il lui revient donc de subir sa peine sans considération pour son âge. S’il souhaitait finir ces jours en liberté, il lui aurait fallu purger sa peine sans s’enfuir à l’étranger. Ainsi, il serait libre aujourd’hui… S’abstenir de violer une gamine aurait aussi été un moyen efficace pour ne pas avoir à affronter cette épreuve.

La première partie en est fort prévisible, ayant été usitée (à tord ou à raison) d’innombrables de fois au cours de l’histoire judiciaire. La tradition de la persécution en remonte même à Socrate. Il est en effet véritablement étrange que la justice américaine cherche à ce qu’un criminel paye pour ses exactions… Je serais plus enclin à affirmer que ce qui les dérange plus que tout est qu’un artiste soit jugé comme n’importe quelle autre individu, aussi ordinaire soit-il. Car le bureau du procureur de Los Angeles tient à transmettre un message clair et qui dérange : « Personne n’a de passe-droit« .

Nous pouvons d’ailleurs cité cet extrait de la pétition que nombre de personnalité ont pris le soin de ratifier : « Polanski est un citoyen français, un artiste de renommée internationale« . Arrêtons-nous un instant sur les derniers termes : « Un artiste de renommée internationale« . Son statut est cité comme s’il devait entrer en ligne de compte dans les décisions qui seront prises à son égard. Le message est en vérité clair et dénote un préoccupent complexe de supériorité. Je suis un artiste, de ce fait je vous suis supérieur, j’enrichie la culture,  je suis bénéfique : vos minables règles n’ont pas à s’appliquer à ma personne. Cela revient à juger qu’enrichir l’humanité d’une énième oeuvre d’art est plus important que de préserver nos propres congénères : on place l’art au-dessus de la vie. Et comme me l’a très justement fait remarquer mon professeur de philosophie, la question se pose sincèrement pour certains. Ma réponse personnelle est toutefois immédiate et sans équivoque et comme vous l’aurez deviné, elle est loin de se conformer à cette ignoble point de vue. Car n’oublions pas que l’art est tout sauf quelque chose de vital. Ce n’est qu’un loisir ostentatoire, nonobstant ce que les artistes aiment à penser. Comme le disait fort à propos Socrate : « Ils se considéraient, du fait de leur talent, pour les plus savants des hommes dans les autres domaines aussi, ils ne l’étaient vraiment pas« .  A contrario, un agriculteur ou un médecin se montrera bien plus indispensable à une communauté, et pourtant on a encore jamais assisté à une telle mobilisation pour un membre d’un de ces corps de métier.

Je signalerai d’ailleurs une amusante contradiction dans cette pétition. D’une part, ses rédacteurs appellent à un passe droit de par la nature de génie artistique de Polanski et d’autre part, ceux-ci se réclament de la citoyenneté française. Après tout, ce n’est pas comme si l’égalité de tous les hommes devant la loi (quelque soit leur talent ou leur âge)  était l’un des principes fondateurs de notre démocratie…

 

En conclusion, je dirais que la place de Roman Polanski n’est qu’à un seul et unique endroit : dans une cellule américaine à expier son crime. Et peut-être serait-il de bon ton de rajouter un message aux artistes : « Dégonflez vos chevilles, vous n’avez rien d’indispensable ».

 

 

 

 

 

( 5 octobre, 2009 )

Bonsoir

Bonsoir à tous.

Je pense qu’en préalable de toute autre chose, une présentation succincte de ma personne s’impose étant donné que c’est ici que je déverserai mes réflexions et consignerai quelques-unes de mes pensées. Je suis présentement en dernière année de lycée, concluant dans à peine quelques mois une section scientifique où je me suis spécialisé en mathématiques. Je tiens dès lors à rassurer les éventuels lecteurs qui se seraient aventurés en ces lieux par le hasard des pages Internet. Je n’ai pas pour visée d’étendre ici mes états d’âme ni les quelques chagrins bénins qui sont l’apanage de l’adolescence et qui à mon sincère regret, ne sont que trop présents dans les innombrables blogs qui parsèment le réseau tentaculaire du Net. J’ai au contraire pour aspiration (bien arrogante certes), de composer sur des sujets complexes et/ou d’actualité ou simplement sur quelque évènement culturel. Je le ferai malheureusement dans les limites de mon expression et de mes connaissances, qui même si je rechigne un peu à l’avouer, s’avèrent dramatiquement incomplètes (même si ce genre de carence ne semble guère condamner l’accès au journalisme ou autre métier de plume à certains individus que j’apprécie peu et qui semblent pourtant préserver une haute opinion d’eux-mêmes). Si certains me lisent, peut-être constateront-ils que je manifeste une certaine tendance à dévier du sujet qui est le mien, l’exemple le plus seyant étant celui que je viens de montrer en passant d’une simple introduction de mon ego à une ferme dénonciation de l’amateurisme journalistique.
Retournons donc à cette présentation. Mon intérêt scolaire va principalement aux mathématiques et à la chimie, ainsi qu’à la physique, affection somme toute logique au vu de mon choix d’études. J’apprécie aussi fortement l’histoire contemporaine, bien que celle plus ancienne exerce un attrait plus restreint sur moi. Je déprécie la philosophie (bien qu’il me faille parfois réprimer certaines réflexions qui ne trouvent pas leur place dans un cours magistral), matière que je n’ai découvert que récemment et mes faveurs ne vont guère plus à l’étude des langues, que ce fussent l’espagnol ou l’anglais. A n’en pas douter, j’aborderai ce sujet dans un article.

J’affectionne la lecture, même si en définitif je ne lis qu’assez peu. Mes goûts en la matière sont assez larges et tendent principalement vers la science-fiction et les thrillers. Je suis un fervent adepte de Stephen King et Dan Brown qui font parti des quelques rares auteurs dont le seul nom me pousse à aborder un livre. En matière cinématographique, je partage le même engouement pour la science-fiction et je confesse regarder assidument les « Blocs Buster » qui envahissent périodiquement nos écrans. Parmi mes titres préférés, je conterais « 36 Quai des Orfèvres » et de la même équipe « MR-73″ de loin les meilleures films français qu’il m’ait été donné de voir. J’ajouterais « Blood Diamand » et « Lord of War » ainsi que « Les Promesses de l’Ombre » ; trois films traitant respectivement des diamands africains utilisés pour financer les milices et les groupuscules armés, du trafic d’arme international et de la mafia. Je suis plusieurs séries avec constance telles que la franchise de science-fiction « Stargate », la série médicale « Dr House » (je suis un inconditionnel du personnage), la trop méconnue de ce côté de la Manche « Doctor Who » ou encore la fantastique (au sens littéraire du terme) « Supernatural ».

Je suis en outre un grand amateur de mangas et un passionné de jeu vidéo en tout genre. Mes lectures se portent principalement sur des shonen (mangas majoritairement destinés aux adolescents de sexe masculin). Le seul seinen (destinés cette fois-ci aux adultes de part la violence et l’érotisme qui y est transcris) qui est véritablement trouvé écho chez moi s’intitule Berserk et est d’ailleurs considéré comme une référence dans le genre. Pour ce qui est des jeux vidéos, mes catégories fétiches sont le FPS (First Person Shoot, soit Jeu de tir à la 1ère personne) et les jeux d’action.

Certains diront de moi que je suis un geek,  peut-être ne seront-ils pas en tord.  Ce n’est en tout cas pas mon semblant de vie sociale qui les en dissuadera. De toute façon, je n’ai que faire des appellations. Je ne suis pas homme à provoquer des conflits (bien que j’avoue apprécier le débat et l’art de discourir, bien que je n’y sois pas rompu) et n’ai de ce fait rien de ces individus que nous détestons ou apprécions mais auxquels peu reste indifférent. Je suis, comme m’avait qualifié une connaissance (même si je m’en suis véhément défendu sur l’instant), quelqu’un de plutôt démagogue. Je prends garde à ne pas causer trop d’animosité envers ma personne, considérant les conflits comme un ennuyant gaspillage d’énergie. J’ose penser que beaucoup m’apprécie raisonnablement, toutefois très rares sont ceux à me connaître vraiment. Comme mon meilleur ami l’a parfaitement exprimé, je ne suis pas facile à approcher et de surcroit, peu doué lors qu’il est question de relations humaines. De façon générale, je me décrirais comme quelqu’un de distrait (j’oublie quantité de choses et souffre d’un sens de l’orientation déplorable) et de taquin avec un net penchant pour l’ironie et les moqueries. J’avoue être un incorrigible fainéant que le moindre effort rebute et montré une certaine tendance à me démotiver rapidement. J’imagine que je suis dépositaire de certain sang-froid.  En effet, peu de gens peuvent se targuer de m’avoir vu réellement en colère. D’ailleurs, on m’a quelque fois reproché de faire preuve de « trop » de sang-froid de par mon manque d’empathie envers la veuve et l’orpheli. Critique sans aucun doute fondée.
Je conclurais cette présentation, que j’avais injustement prédite concise, par mes positions politiques et religieuses. Je suis un fervent athée et si je n’ai aucune difficulté avec les croyants, je méprise au plus haut point toutes les formes d’extrémisme et en particulier,  le Créationnisme que je tiens en sainte horreur. En terme d’opinion politique, je suis un peu contre tout le monde. Je me gausse du Parti socialiste et de ses sempiternels schismes, je dénigre l’invisibilité du PC, dénonce l’inconsistance des alter-mondialistes, me scandalise des actions de notre aimé Président et m’insurge contre le patronat tout comme je tempête face aux syndicats. Je puis dès lors défendre une quelconque position un jour pour mieux la lacérer le lendemain. Toutefois, je demeure un soutient indéfectible du mariage homosexuel et du droit à l’avortement.

Cette préface terminée, j’en viens maintenant aux raisons (ou plutôt aux non-raison)  d’être de ce blog. En fait, tout ceci n’est dû qu’à un caprice, un simple désir qui m’a subrepticement assailli. L’amour de la rhétorique et de l’écriture peut-être… Il peut ne s’agir que du simple mais au combien narcissique plaisir de s’entendre (ou devrais-je dire, se voir) discourir. Apprécier la sobre beauté de ses mots qui s’enchaînent et se lient, glissant tel un torrent doux et scintillant. Car il y est vrai que mon écriture est lourde, chargée de nombreux enjolivements futiles mais qui me sont indispensables, je m’en excuse à ceux qui ne souffrent pas ces fioritures. Mais le pourquoi n’ a pas tellement d’importance en vérité. Seulement, comprenez simplement que ce blog ne sera probablement pas alimenté avec assiduité comme il le mériterait pourtant. Je jure toutefois que cet étalage de moi-même sera le dernier qui aura lieun ces feuilles.

 

Sur ces lignes, s’achève mon introduction qui, je l’espère, ne vous aura pas dissuadé de poursuivre votre chemin en ces lieux binaires.

 

 

 

 

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