Elections régionales
Bonsoir,
Je constate avec un soupçon d’étonnement que cela fait maintenant plus de cinq mois que j’ai laissé ce blog moribond. Il est parfois étonnant de constater avec quelle rapidité le temps s’écoule. Déjà, l’échéance qui me sépare du Baccalauréat se réduit à un trio de mois alors qu’il me semble n’avoir entamé cette année qu’hier même. C’est avec une stupéfiante aisance que l’esprit semble réussir à oublier les innombrables heures passées sur une chaise de bois et de fer, à coucher sur papier les ô combien nombreuses informations que ne manquent pas de dispenser mes professeurs. Je n’ai pas réellement d’excuse pour expliquer cet abandon, nombreuses furent en effet les heures creuses et inoccupées que j’aurais pu dévouer à l’écriture et il y eut profusion de sujets qui auraient mérité mon attention. Mais toutefois, je ne suis guère vaillant dans l’effort et ma détermination a tôt fait de s’émousser. Néanmoins ce soir, j’ai décidé de sacrifier quelques heures à l’élaboration d’un nouveau billet car le désir d’écrire (ce même désir fugace qui m’avait poussé à créer ce blog) s’est de nouveau imposé à ma personne. Cela fait quelques semaines que j’y songe et j’ai enfin acquis une résolution suffisante pour me plier à ce caprice.
Peut-être pourrais-je débuter par une intrigue plutôt récente qui n’a pas manqué d’engendrer de biens nombreuses réactions. Il convient d’autant plus de s’y épancher que ce thème me touche directement désormais du fait de ma majorité récemment acquise. Je vais par conséquent revenir sur les élections régionales qui se sont tenues voilà quelques semaines. Que faut-il retenir de ces élections ? Il y a évidemment la victoire éclatante du Parti socialiste qui a conquis la France entière, exception faite de trois régions dont deux sont tombées dans le giron de l’UMP tandis que la dernière se ralliait à un Georges Frêche ostracisé du Parti de la rose. Cette victoire n’a pas manqué de rassurer les adhérents de l’ancienne SFIO sur la faculté de leur parti à pouvoir dépasser ses dissensions internes et à présenter un front uni. Reste à savoir si ce semblant d’unité retrouvé perdurera lorsqu’il ne devra y avoir qu’un homme ou qu’une femme pour défendre les valeurs socialistes. L’UMP a évidemment connu un terrible revers qui n’a pas manqué de désolidariser les rangs alors que le Président n’a jamais paru être aussi impopulaire. Désormais, beaucoup semble lui préférer son premier ministre pour brider la place élyséenne lors des prochaines présidentielles. Je ne manquerai certainement pas de remarquer la belle avancée des écologiques dont nous avions déjà pu observer les esquisses lors des élections européennes. Les partis écologiques paraissent avoir réussi à se ménager leur place au soleil et leur poids politique ne semble plus avoir à être démontré. C’est un indéniable progrès pour un mouvement qui encore dix ans dans le passé apparaissait comme quasiment insignifiant et négligeable. La plus grosse surprise de ces régionales est selon moi l’étonnant score du Front National qui s’en sort avec les honneurs, lui que beaucoup n’hésitait pas à targuer de moribond. Le Pen a apparemment été enterré trop et le vieux loup de la politique n’a pas l’air disposer à déposer si tôt les armes et à laisser la place à ses cadets.
Si je puis oser me laisser aller à une analyse personnelle, ces résultats ne me paraissent guère étonnants dans l’ensemble. La France connait la crise et pour bon nombre de gens, les temps se font plus durs. Je ne pense pas me tromper en disant que cette situation de tension a attiré un nombre conséquent de votants dans le camp rose, votants qui doivent voir dans ce marasme les résultats de l’actuelle gestion gouvernementale. Je ne prétendrai pas être à même de juger si les actes du gouvernement furent idoines à la situation mais il n’y a rien d’étonnant à ce que les gens ne trouvant la solution dans l’UMP se tourne alors en direction de son principal opposant. Les nombreuses réformes mises en branle par le gouvernement ne sont probablement pas innocentes dans cette histoire. Le changement est toujours une chose perturbante et le rythme soutenu auquel s’enchaîne ces modifications ne peut d’après moi que faire naître le doute. Il y a tant de réformes qu’en fin de compte, le citoyen lambda se perd dans ce tourbillon infini de textes et se sent perdre pied totalement. Je distingue dans ce vote un désir de ralentir la folle course de cette époque par l’opposition d’un certain contre-pouvoir (mais n’étant pas omniscient, il est évidemment possible que je sois dans l’erreur la plus complète). L’avancée des verts était à mon sens elle aussi prévisible, du moins dans une certaine mesure. Comme dit ci-dessus, les augures en étaient distinguables dans le résultat des dernières européennes et fort est de reconnaître que l’écologie est devenue un sujet prépondérant en politique. Certains comme notre Président n’ont d’ailleurs pas manqué de remarquer ce filon d’or. Les préoccupations écologiques se montrent apparemment de plus en plus présentes dans les moeurs des français. J’ai été plus surpris par la recrudescence du FN bien qu’en définitif les climats de crise apparaissent comme propice à la croissance de pareils mouvements politiques. Après tout, n’est-ce pas dans un contexte similaire que Hitler avait été amené au pouvoir ? Dans les temps difficiles, désigner un bouc-émissaire est chose facile et rassurante. Elle présente aussi l’avantage de ne pas avoir à se remettre en question. Pour ne pas être trop mauvaise langue, il convient d’admettre que la mise en avant de Marine Le Pen a peut-être réussi à offrir une image plus jeune et moins réactionnaire au parti d’extrême droite.
Un autre élément qui a marqué ces régionales et qui s’avère incontournable pour en parler est bien sûr le fort taux d’abstention. Moins de cinquante pour cent des personnes en mesure de voter se sont déplacés à l’occasion du premier tour tandis que le tour décisif a vu les urnes attirer à peine cinq pour cent supplémentaire de votants. Un résultat somme toute décevant pour les politiques. Réactions et analyses ont été légion sur cette participation minimaliste. Les partis de gauche n’ont pas hésité à parler d’une action sanction envers le gouvernement de Mr. Sarkosy alors que l’UMP n’hésitait pas dans un même temps à instrumentaliser celle-ci pour atténuer l’impact de leur défaite. Je n’adhère personnellement à aucune de ces deux versions. Je ne vois absolument pas quelle indication pourrait nous laisser à penser que les non-participants tendraient uniformément vers l’un ou l’autre des camps. J’irais même jusqu’à dire que les allégations des socialistes m’apparaissent comme profondément stupides. Une véritable action sanction aurait sans aucun doute été de voter en masse contre l’UMP. Les dires du parti de droite sont, selon moi, bien moins loin de la vérité, dans la mesure où plusieurs politiques ont attribué ce fort pourcentage d’abstention à une perte de confiance du peuple envers le pouvoir et les politiques (le contrat social a été rompu comme dirait certainement mon enseignant de philosophie). Dans un sens, c’est une défaite pour l’ensemble de la classe politique. Je crois que les gens ont pour beaucoup d’entre eux perdu toute croyance dans les politiciens et ont pour conviction que leurs votes s’avèrent parfaitement inutiles. Si ce constat est faux de manière générale, il est en tout cas vrai en ce qui me concerne car j’appartiens bien à ces cinquante pour cent qui n’ont pas répondu à l’appel des urnes.
Dans ce déferlement médiatique propre aux élections, il n’y a manqué de gens pour venir critiquer avec ferveur ce qui ne s’étaient pas exprimés par leurs votes. Ce genre de réaction ne manque pas de m’agacer au plus haut point car c’est d’une certaine manière une façon de remettre en cause l’une des droits fondamentales d’une démocratie, soit le droit de vote. Oui, le droit car le vote ne se trouve n’être en aucune manière un devoir. Je mets au défi quiconque de me montrer un texte de loi qui en fasse état. Il est d’ailleurs stupide de proclamer qu’un droit puisse être un devoir. Un devoir implique une obligation or, le propre d’un droit n’est-il donc pas de posséder le pouvoir de le faire valoir ou non ? Pour quelle sacro-sainte raison n’aurais-je pas la possibilité de dire que je ne me reconnais en aucun de ces politiciens et que je ne veux apporter mon soutien à aucun d’entre eux ?
Il semblerait en définitif que je n’aborderais aucun autre thème ce soir étant donné que celui-ci m’a déjà demandé plusieurs heures de rédaction et que je ne tiens guère à décourager un quelconque internaute qui se serait aventuré dans ces lieux électroniques par la longueur de mes billets. Je conclue donc en vous souhaitant une bonne soirée.
PS : Je corrigerais les fautes éventuelles ultérieurement. Je m’excuse si elles gênent les lecteurs qui passeraient entre temps.









